Vers l’autonomie fonctionnelle

Niki a décroché un emploi de jour à titre de coordonnatrice du programme Tourism Careers for Youth at Risk (carrières en tourisme pour jeunes à risque), offert par le YWCA de Prince Albert. Installée au sous-sol d’un vieux magasin qui appartenait au YWCA, et équipée d’un ordinateur datant de 10 ans, Niki a commencé à élaborer des stratégies pour aider les jeunes à risque à devenir autonomes, afin de briser le cycle de la dépendance à l’assistance sociale, qui remonte souvent à trois générations.

Niki s’est inspirée du programme Carrières en tourisme Jeunesse et l’a adapté pour répondre aux besoins de ses participants, soit des jeunes de 18 à 29 sans expérience de travail. Le programme Carrières en tourisme Jeunesse, maintenant connu sous le nom d'Emplois clés en main, est un programme de stages qui aide les jeunes à se préparer au marché du travail dans le secteur du tourisme. Le programme s’appuie sur les normes de compétence emerit, élaborées par RH Tourisme Canada et ses partenaires provinciaux et territoriaux. La formation a lieu en classe et en milieu de travail, permettant aux candidats d’acquérir les habiletés, les connaissances et l’expérience nécessaires pour obtenir un emploi stable dans le secteur du tourisme, lequel fait partie des industries les plus florissantes au Canada.

« Nous nous sommes associés au secteur du tourisme par l’entremise du Saskatchewan Tourism Education Council, explique Niki, et nous avons eu la chance d’être aidés par un facilitateur formidable, Dan Gottell, qui sait mieux que personne comment communiquer avec les jeunes à risque. Un bon nombre de ces jeunes ont depuis réussi à obtenir et à conserver un poste dans le secteur du tourisme. »

Aujourd’hui, quelque 100 jeunes à risque se bousculent pour obtenir l’une des 14 places disponibles dans le prochain programme de formation de Niki. Les moniteurs sont sensibles aux besoins des jeunes à risque; ils savent que la majorité des participants au programme sont des apprenants kinesthésiques, qui assimilent mieux les notions qu’ils acquièrent par la pratique. Pour eux, l’obtention d’une attestation de réussite a un impact très fort. « Quand vous remettez une attestation à des jeunes qui n’ont jamais reçu de reconnaissance officielle de toute leur vie, vous leur donnez le sentiment qu’il peuvent obtenir un emploi. Ils en sortent plus confiants en leurs capacités. »

Niki considère ses programmes comme une nouvelle chance pour les personnes laissées pour compte. Son approche de style « nouveau départ » commence souvent par une visite au palais de justice, dans le but de régler les dossiers d’infraction et les amendes en souffrance. Les participants peuvent ensuite s’attaquer à leur autonomie fonctionnelle.

Le résultat final? « Si, en bout de ligne, quatre ou cinq jeunes réussissent à trouver un emploi permanent et à briser leur dépendance à l’aide sociale – peut-être pour la première fois dans l’histoire de leur famille – j’ai gagné mon pari. » Même si Niki voit peu de liens entre la comédie et le monde des jeunes à risque, elle constate qu’une tradition de la scène se perpétue dans ses classes : « Chaque succès est souligné par un tonnerre d’applaudissements ». Voilà comment une adepte de la rigolade apprend aux jeunes à risque du Nord du Canada à développer leur potentiel le plus sérieusement du monde.

Niki Melchert, coordonnatrice du programme Emplois clés en main pour les jeunes à risque, YWCA de Prince Albert, Saskatchewan